Exposé du cas Patiente et constatations initiales Une patiente de 11 ans a été adressée à un orthodontiste en octobre 2022 pour une forte malocclusion squelettique de classe II, division 1. Le dossier médical a été obtenu et les risques ont été abordés avec la famille, y compris le risque possible de résorption radiculaire étant donné la morphologie radiculaire atypique préexistante. Le traitement a été accepté et amorcé en novembre 2022 (fig. 1). Les constatations cliniques comprenaient une rétrognathie mandibulaire, un écart entre les maxillaires, un léger encombrement mandibulaire, un articulé croisé important, un surplomb important, une déviation de la ligne médiane et des incisives latérales maxillaires étroites. Des antécédents d’apnée du sommeil ont été notés. Calendrier et évolution du traitement Le traitement orthodontique a débuté par la pose d’un expanseur palatin pour corriger l’étroitesse de l’arcade maxillaire; ce traitement s’est achevé en mars 2023. Il a été suivi de la mise en place d’un correcteur de classe II de type « Crossbow » et d’un appareil fixe complet, pour une durée totale estimée à 36 mois. Compte tenu du risque élevé de caries de la patiente et de l’insuffisance systématique de son hygiène buccodentaire, un plan de contrôle trimestriel a été mis en place pour assurer des soins d’hygiène et surveiller son état tout au long du traitement. Malgré cela, une gingivite légère généralisée a persisté et plusieurs attaches orthodontiques n’ont pas tenu et ont dû être reposées à plusieurs reprises. Le port des élastiques n’était pas régulier, ce qui a limité la correction squelettique obtenue grâce à l’appareil fonctionnel. Complication : Radiotransparences périradiculaires bilatérales En février 2024, environ 15 mois après l’amorce de la phase active du traitement, la patiente s’est présentée à un rendez-vous de contrôle. Elle a déclaré avoir de l’enflure depuis une journée du côté droit et une légère douleur. Un examen clinique a permis de constater un gonflement buccal important et fluctuant au niveau de la papille entre les dents 46 et 47, sensible à la palpation. Aucun signe associé de lymphadénopathie ou d’infection systémique n’a été relevé (fig. 2). Une radiographie périapicale a montré une radiotransparence de la racine distale de la dent 47. Une imagerie panoramique a révélé une radiotransparence encore plus grande de la région périapicale de la dent 37, contiguë à la dent 38 en formation. Les troisièmes molaires inférieures présentaient une anatomie normale de la couronne. Une tomographie volumique à faisceau conique (TVFC) a ensuite été réalisée et a confirmé la présence de lésions périradiculaires bilatérales d’une étendue importante. Il est important de souligner que les deuxièmes molaires mandibulaires (dents 37 et 47), Figure 1. Radiographie panoramique prétraitement montrant la dentition de départ, avec une morphologie radiculaire irrégulière et un développement bilatéral précoce des bourgeons des troisièmes molaires. Figure 2. Photographies intraorales prises lors d’un rendez-vous de contrôle en février 2024, montrant l’important gonflement buccal associé à la dent 46, visible lors de l’examen clinique. Figure 3. Radiographie périapicale prise au rendez-vous de contrôle de février 2024 montrant une large radiotransparence périradiculaire associée à la dent 47 et une importante résorption radiculaire. 31 Numéro 4 | 2026 | Pratico-pratique
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