Quand le kyste entraîne la résorption : un exemple La Dre Ebrahimian est dentiste généraliste à Toronto et s’intéresse à l’orthodontie, à la dentisterie restauratrice et à la planification de traitement interdisciplinaire. Résumé Une patiente de 11 ans a suivi un traitement orthodontique global pour une forte malocclusion de classe II, division 1. Au cours du traitement, une importante résorption radiculaire s’est manifestée accompagnée d’une radiotransparence périradiculaire bilatérale associée aux troisièmes molaires mandibulaires incluses, confirmée par examen histopathologique comme étant un kyste dentigère inflammatoire et un follicule dentaire hypertrophié. La résorption la plus grave touchait les deuxièmes molaires inférieures, qui n’ont jamais eu d’attache orthodontique, ce qui suggère que l’inflammation associée au kyste, plutôt que les forces orthodontiques, est la cause principale de la résorption. Le traitement a compris l’extraction chirurgicale de toutes les troisièmes molaires, l’énucléation des kystes et une régénération osseuse. La phase active du traitement a été interrompue prématurément et il a fallu accepter une relation de classe II résiduelle afin de préserver la vitalité dentaire. Ce cas a mis en évidence l’importance d’une surveillance radiographique vigilante, d’une orientation chirurgicale précoce et de la volonté de modifier les objectifs thérapeutiques lorsque des facteurs biologiques viennent compliquer les aspects mécaniques. Introduction Les malocclusions de classe II comptent parmi les cas orthodontiques les plus courants. Elles sont généralement traitées à l’aide d’appareils fonctionnels et de mécanismes fixes, dans le cadre d’un traitement de longue durée. La plupart des cas progressent sans complications biologiques importantes, mais il arrive parfois que des pathologies sous-jacentes surgissent en cours de traitement et recadrent complètement le tableau clinique. La résorption radiculaire apicale externe (RRAE) fait partie des risques connus d’un traitement orthodontique. Par contre, les lésions odontogènes, en particulier les kystes dentigères associés à des troisièmes molaires incluses, sont souvent oubliées et peuvent provoquer d’elles-mêmes une résorption, par le biais d’une inflammation chronique et d’une pression, indépendamment des forces orthodontiques. Lorsque les deux pathologies sont présentes, il est important, tant sur le plan diagnostique que clinique, de distinguer la contribution de chacune. Le présent exemple illustre le carrefour de ces deux pathologies : chez une patiente en pleine croissance, le profil de résorption s’éloignait de ses appareils orthodontiques et se rapprochait d’un processus kystique bilatéral qui a nécessité une prise en charge chirurgicale et a modifié le résultat du traitement au bout du compte. 30 | 2026 | Numéro 4
RkJQdWJsaXNoZXIy OTE5MTI=