Volume 13 • 2026 • Numéro 4

composites ou avec des matériaux à base de verre ionomère sont comparables. Toutefois, pour les personnes fragiles, la facilité d’utilisation d’un matériau et son aspect pratique en cabinet l’emportent souvent sur d’autres considérations. En conséquence, une préférence pour les matériaux à base de verre ionomère a émergé, en particulier pour les patients qui supportent mal les interventions complexes. L’efficacité clinique des matériaux à base de verre ionomère dépend de leur capacité à adhérer aux tissus dentaires. L’adhésion résulte d’une liaison ionique entre les groupes carboxyles du matériau et les ions calcium présents dans la dentine et l’émail, d’où l’importance d’une préparation adéquate de la surface et d’une bonne technique. La préparation des surfaces est une étape cruciale pour optimiser la résistance adhésive. Des solutions douces d’acide polyacrylique sont utilisées pour éliminer la boue dentinaire et augmenter l’énergie de surface, ce qui améliore le mouillage et l’adhésion. Ces agents renforcent la liaison sans éliminer les ions calcium nécessaires aux effets de chélation. En revanche, les agents de mordançage à base d’acide phosphorique utilisés pour les résines composites sont à éviter, car ils peuvent entraîner une perte de calcium et entraver la liaison. Attention à porter à la technique La technique d’application d’un matériau à base de verre ionomère varie selon le type. Les ciments verre ionomère classiques et les verres hybrides sont généralement appliqués avec une technique d’obturation en bloc et dépendent d’une polymérisation chimique. Il faut laisser le matériau déborder légèrement de toutes les zones préparées afin d’assurer une obturation complète et d’éviter la formation de vides. En revanche, les ciments verre ionomère modifiés par une résine nécessitent une application par couches successives, chaque couche étant photopolymérisée en raison de la présence d’un composant résineux. Les dentistes doivent se reporter aux instructions du produit choisi et suivre le mode d’emploi du fabricant. Il faut user de prudence pour la finition et le modelage, en particulier chez les patients ayant des troubles cognitifs. Une manipulation excessive peut compromettre la restauration et allonger la durée du traitement. Dans la mesure du possible, les dentistes doivent s’efforcer d’obtenir un contour acceptable sans utiliser d’instruments rotatifs pour la finition. Ainsi, l’intervention causera moins de stress chez le patient, qui pourra mieux la supporter. Pour les ciments verre ionomère classiques et les nouveaux verres hybrides, une protection pendant la réaction initiale de prise est essentielle. Ces matériaux sont très sensibles aux variations d’humidité immédiatement après leur application. La salive peut affaiblir la matrice, tandis que la déshydratation peut entraîner des fissures superficielles ou des «craquelures». L’application d’un vernis protecteur (produits autopolymérisables ou photopolymérisables en vente sur le marché) aide à prévenir à la fois l’absorption et la perte d’eau, ce qui préserve ainsi l’intégrité de la restauration. Les ciments verre ionomère modifiés par adjonction de résine, cependant, ne nécessitent généralement pas de vernis en raison de leur composant résineux. Les matériaux à base de verre ionomère n’ont cependant pas que des avantages. Ils ont une résistance mécanique et une résistance à l’usure inférieures à celles de la résine composite et des amalgames, ce qui les rend moins adaptés aux restaurations soumises à des charges. Ils ont aussi des propriétés esthétiques inférieures, comme une translucidité moindre et une rugosité après polissage. Ces inconvénients soulignent l’importance de bien choisir les matériaux. Coopération du patient La gestion de la coopération du patient est un élément essentiel des soins aux personnes âgées fragiles, en particulier celles atteintes de démence qui peuvent présenter des symptômes comportementaux et psychologiques susceptibles de gêner le traitement. Le fait de limiter le plus possible les stimuli sensoriels et d’adopter une utilisation progressive des instruments pourra aider le patient à mieux supporter l’intervention. Par exemple, l’utilisation de curettes et d’instruments manuels avant les instruments rotatifs à basse et haute vitesse permet au dentiste de tester le comportement du patient et d’évaluer ce qu’il est capable de supporter. Le traitement des caries radiculaires chez les personnes âgées fragiles nécessite une approche nuancée qui demande des façons de faire adaptées, mais fondées sur les données cliniques. Pour ce groupe de la population, les matériaux à base de verre ionomère présentent des avantages en raison de leur simplicité et de leur fiabilité dans des conditions difficiles. En fin de compte, la réussite dépend non seulement du choix du matériau, mais aussi de l’adaptation des techniques à l’état fonctionnel du patient et à ce qu’il peut supporter. Écoutez la présentation du Dr Nicholas Tong sur le traitement des caries radiculaires chez les personnes âgées fragiles [en anglais] sur CDA Oasis : bit.ly/4pL1Sgy La gestion de la coopération du patient est un élément essentiel des soins aux personnes âgées fragiles, en particulier celles atteintes de démence qui peuvent présenter des symptômes comportementaux et psychologiques susceptibles de gêner le traitement. 29 Numéro 4 | 2026 | Pratico-pratique

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