Dr Anand Choubal médecins lui ont expliqué qu’il souffrait de stress posttraumatique. « Je ne pensais pas que ça pouvait arriver à la suite d’une opération, confesse-t-il. Mais, j’ai vécu une dépression. J’ai vécu de la solitude. J’étais pris à la maison et je ne pouvais plus faire ce que j’avais l’habitude de faire. » Cette expérience a changé sa façon de voir la vie. « Chaque jour est un cadeau, insiste-t-il. Je suis content de me réveiller tous les matins. » Le Dr Choubal n’exerce plus à Banff. Melvin Mott se rend maintenant à Calgary pour le voir parce qu’il a trouvé un dentiste en qui il a pleinement confiance. « L’autre jour, je lui ai dit que je m’en fichais s’il s’installait à des heures de route de chez moi. Je prendrai la journée de congé pour aller le voir. Je sais que je suis entre bonnes mains. » Plus qu’un trouble dentaire Pendant 20 ans, le Dr Choubal a suivi des cours de soins avancés en réanimation cardiovasculaire (SARC), qui sont nécessaires pour obtenir une autorisation de sédation de niveau IV au Canada. Au cours des sept dernières années, il a été instructeur certifié de SARC – Fondation des maladies du cœur et de l’AVC. « Le fait de donner ce cours tous les ans est probablement ce qui m’a le plus aidé à affiner mes capacités à détecter les problèmes médicaux et à reconnaître les troubles cardiaques de Melvin », croit-il. Le cas de Melvin Mott est inhabituel, mais il n’est pas unique. Depuis ce jour, le Dr Choubal a été confronté à plusieurs urgences médicales graves au cabinet dentaire. Un patient venu consulter pour une troisième molaire infectée a commencé à présenter des signes de choc infectieux au cours de la consultation. « Il a commencé à tenir des propos incohérents, raconte le Dr Choubal. Sa tension artérielle, son taux d’oxygène et sa fréquence cardiaque étaient tous anormalement élevés. » Voyant le danger, le dentiste a immédiatement appelé les secours, qui ont administré des antibiotiques par voie intraveineuse au patient dans l’ambulance. Une autre fois, une jeune femme est venue consulter pour une troisième molaire et a fait une crise d’épilepsie dans le fauteuil dentaire, ce qui lui a causé une luxation de l’épaule et de la hanche. L’équipe des secours l’a transportée à l’hôpital pour la soigner. Pour le Dr Choubal, de telles expériences illustrent bien que les dentistes sont souvent les premiers professionnels de santé à détecter les signes de troubles médicaux plus larges. « Parfois, on nous consulte pour une dent, mais il se passe quelque chose de plus gros. » Un avenir différent La première fois que Melvin Mott a vu le Dr Choubal après sa chirurgie cardiaque, il a été submergé par l’émotion. « C’était difficile, avoue-t-il. Je l’ai remercié. Je lui ai dit ce que les médecins m’avaient dit. » Des années plus tard, il ressent toujours la même gratitude. « J’ai de la peine à trouver les mots pour exprimer combien je lui suis reconnaissant. Il m’a sauvé la vie. » Le Dr Choubal, quant à lui, minimise son rôle : « Je pense que j’ai fait ce que tout dentiste aurait fait. J’avais un mauvais pressentiment, alors j’ai agi comme si j’étais devant le pire scénario. » Mais Melvin Mott voit les choses d’un autre œil. « Il se soucie vraiment de ses patients. Et c’est ça qui a fait toute la différence. » Depuis sa crise cardiaque et son pontage, il s’est donné comme mission de faire connaître son histoire. Il a communiqué avec les journaux locaux, des stations de radio et des associations professionnelles, dans l’espoir que quelqu’un raconte ce qui lui est arrivé. « Je crois que le Dr Choubal mérite une reconnaissance. C’est un homme très humble, mais les gens doivent savoir ce qu’il a fait. » Il espère que son histoire rappellera que les dentistes sont des professionnels de santé dont les observations peuvent parfois sauver des vies. « Quand quelqu’un sauve votre vie, c’est une belle histoire. Et les gens ont besoin d’histoires qui leur apporteront le sourire, pour changer. » Nous sommes toujours ravis d’avoir des nouvelles de nos lecteurs. Cet article a été proposé à L’essentiel de l’ADC. N’hésitez pas à nous envoyer vos articles, éditoriaux, commentaires ou tribunes libres : nous les examinerons et étudierons la possibilité de les publier. Courriel : publications@cda-adc.ca 26 | 2026 | Numéro 4 Point de mire
RkJQdWJsaXNoZXIy OTE5MTI=