L’éloge du repos L’été est souvent la période de l’année où les dentistes prennent des vacances bien méritées. On passe du temps en famille, on profite du plein air, on voyage ou on ralentit simplement pendant quelques jours ou semaines. J’espère que vous pourrez tous en profiter. Mais voyons le repos sous un angle légèrement différent. Il n’a pas besoin d’être réservé aux vacances. On peut l’intégrer délibérément à notre vie professionnelle tout au long de notre carrière. Notre profession nous impose des exigences multiples. Tous les jours, il nous faut concilier les soins aux patients, les décisions cliniques complexes, les responsabilités d’entreprise, les problèmes de personnel, le travail administratif et les exigences physiques liées à l’exercice de la médecine dentaire. Une carrière de dentiste s’étend souvent sur 40 ans; c’est un marathon et non un sprint. Il faut s’occuper de notre santé physique et mentale pour mener une carrière saine et épanouissante pendant des décennies. Comme bien des dentistes, j’étais convaincu à mes débuts que la réussite passait par le plus d’heures de travail possible. Pendant des années, j’ai travaillé six jours par semaine, jusque tard le soir et aussi le samedi matin. Je croyais sincèrement que si je n’étais pas sur place, le cabinet en souffrirait, que mes patients ne recevraient pas les soins qu’ils méritaient, que mon personnel perdrait des heures rémunérées et que tout s’effondrerait. Aujourd’hui, je vois à quel point cette mentalité persiste chez de nombreux collègues. Nous avons à cœur nos patients et nos équipes, et nous nous sentons souvent personnellement responsables du bon déroulement de toutes nos activités. J’ai commencé à voir les choses autrement lorsque j’ai fait mon MBA. Pendant deux ans, ce programme m’a obligé à m’absenter de mon cabinet une semaine entière toutes les cinq semaines. Au début, j’étais persuadé que ma pratique allait en souffrir. Il s’est plutôt produit quelque chose d’inattendu. Mon absence n’a eu presque aucune incidence financière sur le cabinet et ma production a même augmenté. Il faut comprendre que je revenais de ces semaines d’absence avec une énergie renouvelée, une concentration accrue et un meilleur état d’esprit. Je n’étais pas fatigué et irritable. Mon équipe a remarqué la différence, et moi aussi. Ces semaines au loin me donnaient une raison de me réjouir et, à mon retour, j’étais pleinement présent pour mes patients et mon équipe. Cette expérience m’a appris ce que j’aurais voulu savoir bien plus tôt dans ma carrière : travailler plus d’heures ne nous rend pas plus efficaces. C’est même parfois le contraire. Les chercheuses Sabine Sonnentag et Charlotte Fritz ont montré qu’en mettant régulièrement le travail de côté, nous nous déchargeons des exigences mentales et émotionnelles de notre emploi1. Elles ont noté que les personnes qui arrivent à décrocher souffrent moins d’épuisement professionnel et sont plus motivées et efficaces au travail. Des études récentes sont arrivées à des conclusions semblables : se reposer après le travail n’est pas seulement bénéfique pour la santé, cela favorise aussi un rendement durable au travail et aide à conserver l’énergie et la concentration que nos professions exigent. Pensez-y : si les bienfaits du repos pouvaient être concentrés dans une pilule, tout le monde la prendrait. Si vous vous sentez submergés ou incapables de vous ressourcer, il y a de l’aide. Votre association dentaire provinciale ou territoriale offre le programme L’esprit au travail, qui est fondé sur des données probantes et qui a été conçu par l’ADC et la Commission de la santé mentale du Canada pour aider les dentistes à bâtir des milieux de travail sains et à reconnaître les signes de stress en eux et chez les autres. Le Programme d’aide aux membres (PAM) du CDSPI offre aussi du soutien confidentiel aux dentistes, aux équipes dentaires, aux étudiants et aux familles ainsi que des ressources sur le stress, la conciliation travail-famille, le counselling, les finances et des conseils juridiques. S’occuper de soi n’est pas un moyen de se soustraire à ses responsabilités. C’est plutôt l’un des meilleurs moyens de s’assurer que vous pourrez continuer à assumer vos responsabilités pendant de nombreuses années. Mot du président Dr Kirk Preston president@cda-adc.ca 1. Sonnentag S, Fritz C. Recovery from job stress: The stressor-detachment model as an integrative framework. Journal of Organizational Behavior. 2015:36(S1);S72–S103. https://doi.org/10.1002/job.1924 Numéro 4 | 2026| L’ADC sur le terrain 7
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