Éditorial


OUVERT AU MONDE

Le Canada doit être l’un des pays les plus accueillants au monde pour les nouveaux immigrants. Récemment, ce fait m’a été vivement rappelé à ma clinique lorsque j’ai reçu, un après-midi, 4 patients de suite qui étaient de nouveaux Canadiens. Ces gens venaient de tous les coins du globe et, le moins qu’on puisse dire, leur expérience en dentisterie était intéressante.

 Provenant d’un pays de l’Asie centrale, l’un des patients éprouvait de la douleur à la 36. Cette dent était restaurée avec un amalgame qui, sur la radiographie, paraissait aller jusque dans la chambre pulpaire. Selon le patient, un dentiste de son pays lui avait dit que la dent était prête à être restaurée alors qu’un autre lui avait dit le contraire. Bien entendu, le premier l’a emporté. Sans matériau d’obturation dans aucun des canaux, il y avait seulement un rouleau de coton dans la chambre pulpaire sous l’amalgame. En soignant ce patient, je me suis rappelé que les normes de la dentisterie exercée ailleurs ont réellement un impact sur les praticiens du Canada.

Reconnaissant que de nombreuses questions que notre profession a à résoudre aujourd’hui sont de portée internationale, l’ADC prend très au sérieux son engagement à ce niveau. Nous pouvons tellement donner à ces pays où le savoir et les soins en matière de santé buccodentaire accusent un retard par rapport aux nôtres. Nous pouvons également profiter grandement de l’expertise qui se trouve dans d’autres pays et de l’expérience politique acquise par d’autres dans leurs efforts pour promouvoir des soins de qualité grâce aux meilleurs modes de prestation possible.

À l’assemblée du Bureau des gouverneurs qui se tiendra ce mois-ci, l’ADC accueillera 2 dignitaires du monde de la dentisterie : le Dr Jacques Monnot, président de la Fédération dentaire internationale (FDI), et le Dr Peter Swiss, président de la British Dental Association (BDA). Il faut voir dans la visite de ces messieurs une marque de la haute estime dans laquelle le Canada est tenu dans les cercles internationaux.

J’ai invité le Dr Swiss à rédiger un article pour le JADC en raison des points de vue qu’il a acquis à titre de président de la BDA, de rédacteur en chef de la revue FDI World et de membre d’un comité de la FDI. Le Dr Swiss fait remarquer avec éloquence que, bien que nous ayons de multiples raisons pour élargir nos horizons au niveau international, nous pouvons être sûrs que, partout, la dentisterie et la santé buccodentaire tireront profit de la collaboration outre-frontières.

 L’un des domaines dans lequel le Canada fait figure de chef dans le monde est dans l’élaboration de guides d’exercice clinique (GEC) en dentisterie. Bien que nous passions pour y être à la fine pointe, il nous reste encore beaucoup à faire avant de produire des guides. Dans la partie II de leur série d’articles sur les GEC au Canada, les Drs Sutherland, Matthews et Fendrich offrent un aperçu de la façon dont ces guides seront conçus. Il est clair que cet effort exigera beaucoup de temps et de nombreuses ressources de même que la collaboration de nombreux organismes. J’ai l’impression que la profession devra collaborer au niveau international pour réussir à rédiger un nombre convenable de guides sérieux dans un délai raisonnable.

Selon les auteurs, les sujets mûrs pour l’élaboration de guides sont ceux dans lesquels l’exercice est très varié. L’un d’eux est certes le diagnostic des lésions carieuses précoces. Comme les Drs McComb et Tam l’indiquent dans leur article, le diagnostic des lésions carieuses précoces en particulier est devenu incroyablement difficile. Elles soulignent le fait que, malgré les promesses offertes par les technologies et les recherches nouvelles, les méthodes les plus traditionnelles pour diagnostiquer la carie ne semblent pas encore surpassées.

En parlant de recherche, j’ai été frappé par un énoncé figurant dans la partie V de la série d’articles rédigée par le Dr Susan Sutherland sur la dentisterie fondée sur les faits et suivant lequel une bonne part des travaux de recherche biomédicale mérite d’être jetée «à la poubelle». Son dernier article vous fournit des outils pour évaluer d’un œil critique les articles ayant trait aux interventions thérapeutiques et préventives et il contient une série de questions qui seront utiles quand vous extrairez des articles de Medline ou d’autres banques de données.

À propos, le texte intégral de tous les articles publiés dans la version électronique du JADC est maintenant disponible par l’intermédiaire de la banque de données Medline. Grâce à ce mécanisme, des collègues dentaires à travers le monde qui cherchent une information de bonne qualité ont un accès au meilleur matériel provenant de notre discipline et publié au Canada. Journal de l’Association dentaire canadienne

John O’Keefe
1-800-267-6354, poste 2297
 jokeefe@cda-adc.ca