Volume 13 • 2026 • Numéro 1

(De gauche à droite) Dre Lesli Hapak, Dr Jason Noel, la députée Maggie Chi, Dr Bryan Kwak, Irem Turken. Pour la première fois, la délégation aux Journées sur la Colline a compris des doyens d’une faculté de médecine dentaire et un nouveau diplômé, le Dr Bryan Kwak, qui a pu témoigner des réalités de la formation en médecine dentaire. Pénurie de ressources humaines «La pénurie de ressources humaines était l’un de nos principaux points à aborder cette année, confirme le Dr Preston. Et la situation n’est pas propre au secteur dentaire. Elle touche tous les domaines, même les corps de métier, la restauration, partout. Il y a une pénurie importante de travailleurs dans tout le pays, et le secteur dentaire ne fait pas exception.» La délégation de l’ADC a expliqué que cette pénurie touche des postes qui permettent à un cabinet de fonctionner au quotidien. «Environ 50 % des cabinets du pays déclarent avoir des postes vacants, surtout en assistance dentaire», indique le Dr Ward. Il a précisé aux députés que le problème n’est pas lié au recrutement – il se situe plutôt au niveau de la formation et de l’enseignement. L’ADC a demandé au gouvernement d’inclure les assistants et assistantes dentaires agréés dans le programme de permis de travail postdiplôme et d’envisager des moyens tels que la remise de dette étudiante pour renforcer le bassin de travailleurs là où il en manque le plus. «Nous avons aussi dit aux députés qu’il y a assez de dentistes au Canada pour s’occuper de la population, assure le Dr Ward. Mais il y a un problème de répartition. Il y a des concentrations dans les grands centres, tandis que les régions ont des problèmes d’accès. Ce serait génial de trouver un moyen d’inciter les dentistes à s’installer dans les régions mal desservies.» Une remise de dette liée au service a aussi été suggérée comme solution pour les dentistes. À la fin de décembre 2025, le gouvernement fédéral a rendu les dentistes, les hygiénistes dentaires et d’autres professionnels admissibles à une exonération de remboursement de prêts d’études canadien s’ils travaillent dans des régions rurales ou éloignées mal desservies. «C’est une victoire importante pour la santé buccodentaire au Canada», juge le Dr Ward. Conséquences inattendues du RCSD sur la formation dentaire Pour la première fois, la délégation aux Journées sur la Colline a compris des doyens d’une faculté de médecine dentaire et un nouveau diplômé, le Dr Bryan Kwak, qui a pu témoigner des réalités de la formation en médecine dentaire. «Le RCSD a été mis en œuvre au moment où mes camarades et moi entrions dans la partie clinique de notre formation en troisième année, justement à l’étape où il est essentiel d’acquérir une expérience pratique, raconte le Dr Kwak. La diminution du volume de patients, les longs délais de préautorisation et les refus fréquents, tous attribuables au RCSD, ont compliqué les efforts pour respecter les exigences de formation clinique et pour obtenir le diplôme en étant prêts à exercer.» À ses côtés, les Drs Walter Siqueira, doyen du Collège de médecine dentaire de l’Université de la Saskatchewan, et Anastasia Kelekis-Cholakis, doyenne du Collège de médecine dentaire Dr.-Gerald-Niznick de l’Université du Manitoba, ont expliqué les conséquences imprévues pour la formation dentaire : moins de patients choisissent les cliniques universitaires depuis qu’ils peuvent obtenir des soins ailleurs, et le processus de préautorisation peut faire en sorte que les étudiants n’arrivent pas à faire les interventions nécessaires pour terminer leur formation. «Les activités des Journées sur la Colline de cette année ont notamment permis de nouer des rapports avec les doyens, constate le Dr Preston. Ils ont leurs propres séries d’enjeux – financement, RCSD, processus de préautorisation. Nous en avons beaucoup appris de leur point de vue du paysage de la santé buccodentaire.» Pour le Dr Kwak, le message le plus pressant à transmettre sur la Colline du Parlement commençait par quelque chose de base : la paperasserie. «Il fallait envoyer les demandes de préautorisation au RCSD par la poste et attendre longtemps avant d’avoir une réponse.» Dans les facultés de médecine dentaire, a-t-il expliqué, les plans de traitement sont établis en début d’année autour d’interventions comme l’installation de couronnes, de prothèses partielles ou de prothèses complètes, ce que doit autoriser le RCSD avant que les étudiants puissent commencer. «Seulement 20 % des demandes que nous avons envoyées ont été acceptées, déplore-t-il. Le temps d’apprendre 10 L’ADC sur le terrain | 2026 | Numéro 1

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