Volume 13 • 2026 • Numéro 1

Le magazine de l’Association dentaire canadienne 2026 • Volume 13 • Numéro 1 Préserver les artéfacts et l’histoire de la médecine dentaire au Canada Page 22 + DANS CE NUMÉRO Dr Scott Leckie : Programme des SSNA P. 17 Dans l’antre des Journées sur la Colline P. 8 Dre Lesley Williams : Une vie sans limites P. 28 PM40064661

Responsable de la gouvernance et des communications Zelda Burt Chef de la rédaction Sean McNamara Rédacteurs-réviseurs Sierra Bellows Gabriel Fulcher Pauline Mérindol Spécialiste des publications Michelle Bergeron Concepteur graphique Carlos Castro Publicité de Pour toute demande concernant les annonces publicitaires, les annonces en ligne et les petites annonces, ou pour obtenir le dossier de presse 2026 de l’ADC, veuillez contacter : Michelle Bergeron, Spécialiste des publications de l’ADC mbergeron@cda-adc.ca L’essentiel de l’ADC est disponible en ligne à l'adresse cda-adc.ca/fr/ essentials. Toutes les annonces publicitaires et petites annonces sont incluses dans la version PDF complète, avec des liens directs vers les sites Web des entreprises/ produits. La version en ligne L’essentiel de l’ADC génère plus de 21 000 pages vues par mois. Point de contact de Michelle Bergeron, Spécialiste des publications de l’ADC mbergeron@cda-adc.ca Courriel de L’essentiel de l’ADC : publications@cda-adc.ca Avis de changement d’adresse à envoyer à : reception@cda-adc.ca ou publications@cda-adc.ca cda-adc.ca L’essentiel de l’ADC est publié par l’Association dentaire canadienne dans les deux langues officielles. Entente d’envoi de poste-publications no 40064661. Retour des envois non distribuables aux adresses canadiennes à : Association dentaire canadienne, 1815, promenade Alta Vista, Ottawa (Ontario) K1G 3Y6. ISSN 2292-7387 (version imprimée) ISSN 2292-7395 (version électronique) © Association dentaire canadienne 2026 Photo de couverture : avec l’aimable autorisation du Musée canadien des sciences de la santé Avis de non-responsabilité Les collaborateurs assument l’entière responsabilité de leurs opinions et des faits dont ils font état et ceux-ci n’expriment pas nécessairement les opinions de l’Association dentaire canadienne (ADC). La publication d’une annonce commerciale ne signifie pas nécessairement que l’ADC en appuie ou en endosse le contenu. L’équipe éditoriale se réserve le droit de corriger les textes soumis pour publication dans L’essentiel de l’ADC. De plus, l’ADC ne peut être tenue responsable des erreurs de texte ou de traduction. Le contenu commandité est créé exclusivement par les annonceurs, en partenariat avec PGMPI. L’équipe éditoriale de L’essentiel de l’ADC n’intervient pas dans sa création. Conseil d’administration de l’ADC Président Dr Bruce Ward Dre Lesli Hapak Ontario Énoncé de mission de l’ADC Fondée en 1902, l’ADC est une organisation constituée sans but lucratif et en vertu d’une loi fédérale, et dont les membres corporatifs sont les associations dentaires provinciales et territoriales (ADPT) du Canada. L’ADC représente plus de 21 000 praticiens d’un océan à l’autre et est une marque et une source d’information fiable pour et sur la profession dentaire concernant des questions nationales et internationales. est la publication imprimée officielle de l’ADC, offrant un dialogue entre l’association nationale et la communauté dentaire. Le magazine sert à informer les dentistes au sujet d’actualités, de nouvelles cliniques et d’enjeux pertinents à la profession. Dr Brian Baker Saskatchewan Président désigné Dr Kirk Preston Vice-président Dr Jason Noel Dre Joy Carmichael Nouveau-Brunswick Dr Jerrold Diamond Alberta Dre Mélissa Gagnon-Grenier T.N.-O./Nunavut/Yukon Dr Raymon Grewal Colombie-Britannique Dre Janice Stewart Île-du-Prince-Édouard Dr Paul Hurley Terre-Neuve-et-Labrador Dr Stuart MacDonald Nouvelle-Écosse Dr Marc Mollot Manitoba 2026 • Volume 13 • Numéro 1 @CdnDentalAssoc canadian-dentalassociation Canadian Dental Association cdndentalassoc cdaoasis 3 Numéro 1 | 2026 |

n°1 en matière de performance Les fonds du CDSPI classés 1.800.561.9401 cdspi.com/fr/placements Parler à un conseiller Performance des gammes de fonds distincts2 «au sommet, par une large marge»1 pour la deuxième année consécutive! Créé par des dentistes, le CDSPI est un organisme à but non lucratif qui vous aide à protéger ce qui compte et à faire fructifier votre patrimoine. 1 Catherine Harris, « Best seg funds of 2024 leaned on Magnificent 7 », 13 mars 2025, Investment Executive. La performance passée n’est pas garante des résultats futurs. 2 Source : Morningstar Direct 3 Les fonds distincts sont régis par la réglementation relative à l’assurance vie et peuvent offrir une protection contre les créanciers lorsqu’un bénéficiaire est désigné. 03/25 1 • Frais modiques sur une gamme variée de fonds • Gestion de placements de calibre international • Protection contre les créanciers3 • Conseils d’experts provenant de planificateurs financiers agréés du CDSPI Services consultatifs Inc.

Sommaire L’ADC sur le terrain 7 Mot du président : La défense des intérêts en action 8 Dans l’antre des Journées sur la Colline 12 Que pense l’opinion publique de la santé buccodentaire? L’observatoire 15 En bref 17 Programme des SSNA et le pouvoir des soins empreints de compassion Point de mire 20 Clinique dentaire du Diefenbunker 22 Préserver les artéfacts et l’histoire de la médecine dentaire au Canada 28 Une vie sans limites Le saviez-vous 37 Les soins des dents à différentes périodes de l’histoire Pratico-pratique 32 Connaître la loi : Les médias sociaux et votre équipe dentaire Le magazine de l’Association dentaire canadienne 2026 • Volume13 • Numéro 1 Petites annonces 34 Cabinets, postes vacants et index des annonceurs 8 17 20 28 5 Numéro 1 | 2026 |

CONGRÈS NATIONAL SUR LA SANTÉ BUCCODENTAIRE 16–18 AVRIL JEUDI 16 AVRIL Réception du salon professionnel et discours d’ouverture : Steven Page (ancien membre du groupe Barenaked Ladies) Mettre fin à la stigmatisation entourant la santé mentale et surmonter l’adversité VENDREDI 17 AVRIL Liste complète des conférenciers canadiens Discours d’ouverture : Niigaan Sinclair : Dix ans après la CVR : Pourquoi les dentistes sont-ils essentiels à la réconciliation? Dentistes-conférenciers canadiens de partout au pays Conférences et cours pour les assistantes et assistants dentaires Conférences et cours pour les hygiénistes dentaires Série d’ateliers pour les gestionnaires de cabinet SAMEDI 18 AVRIL Le Manitoba a du talent : Présentations de cas interdisciplinaires par les résidents en médecine dentaire de l’Université du Manitoba Réalité ou fiction : Comprendre le rôle de l’IA dans l’évolution des soins buccodentaires Conférences et cours pour les assistants et assistantes dentaires Conférences et cours pour les hygiénistes dentaires Gala des présidences INSCRIPTIONS AU SALON PROFESSIONNEL MAINTENANT OUVERTES ManitobaDentist.ca OUVERTURE DES INSCRIPTIONS POUR LES PARTICIPANTS EN DÉCEMBRE 2025

La défense des intérêts en action Au début de novembre, j’étais à Ottawa avec le personnel de l’ADC pour rencontrer la nouvelle ministre de la Santé, Marjorie Michel. Notre but était d’établir une relation de travail constructive et de lui présenter qui nous sommes, quelles sont nos responsabilités à l’égard de la profession et du public, et quelles connaissances et expertise nous pouvons apporter à son ministère. Nous avons discuté de la pénurie de ressources humaines et des répercussions sur la prestation des soins. Nous avons précisé que plus de 50 % des cabinets au pays avaient des postes vacants. Nous avons aussi parlé des difficultés créées par le Régime canadien de soins dentaires (RCSD) pour les fournisseurs de soins et les patients. Nous avons ainsi pu aborder les conséquences du RCSD sur les facultés de médecine dentaire, telles que les pressions financières, le changement du flux de patients dans les cliniques universitaires et la nouvelle dynamique qui s’installe dans les collectivités à mesure que de plus en plus de patients bénéficient du programme. Nous sommes ressortis de cette réunion encouragés et convaincus d’avoir jeté les bases d’un dialogue continu. Quelques semaines plus tard, quand je suis retourné à Ottawa pour les Journées sur la Colline (voir p. 8), l’un des directeurs de la ministre a rencontré les doyens des facultés de médecine dentaire qui faisaient partie de la délégation de l’ADC. Il a pu leur demander des précisions de première main, ce qui constitue un bel exemple d’efficacité de nos efforts : un dialogue continu qui garde la porte ouverte et assure la circulation bidirectionnelle de l’information. Les importants efforts de sensibilisation que nous menons au nom de la profession se déploient de la même manière que la confiance s’établit dans nos cabinets : grâce aux relations, à la cohérence, à la crédibilité et à la préparation. Il ne s’agit pas d’obtenir un résultat à court terme, mais plutôt de nous établir comme un partenaire digne de confiance pour que, quand il sera temps de fournir une expertise, de soulever des préoccupations ou de contribuer à des solutions, la profession ait une voix crédible. Notre stratégie porte ses fruits puisque Santé Canada se tourne régulièrement vers nous pour obtenir de l’information et des conseils. Les Journées sur la Colline de l’ADC sont notre action de sensibilisation la plus visible et un important moyen de discuter en personne avec des parlementaires. Mais la plupart de nos efforts de sensibilisation ont lieu tout au long de l’année grâce aux collaborations et aux relations que nous entretenons. J’ai moi-même vu combien l’équipe des relations gouvernementales de l’ADC s’est investie dans les discussions sur le RCSD dès le départ, pour s’assurer que la profession soit représentée de manière positive et constructive. Nos efforts reposent sur un principe clair : le travail pour améliorer l’accès aux soins, y compris le RCSD, ne sera fructueux que si le personnel dentaire est durablement au rendezvous. En fondant les discussions sur les capacités réelles des professionnels dentaires et des formateurs, l’ADC continue de rappeler que des politiques de santé buccodentaire efficaces doivent assurer la pérennité de la profession et répondre aux besoins des patients. Récemment, l’ADC a travaillé étroitement avec l’Association des facultés dentaires du Canada pour aider les doyens à renforcer leurs interactions avec le gouvernement fédéral. Maintenant que ce dernier prend connaissance des effets non désirés du RCSD sur la formation dentaire, le dialogue continu – y compris la réunion de suivi demandée aux doyens par le personnel ministériel – montre qu’il est plus facile de réaliser des progrès lorsqu’on travaille ensemble. Les résultats sérieux sont le fruit d’une stratégie délibérée et de rapports de longue haleine. L’élargissement récent du programme fédéral d’exonération de remboursement de prêts étudiants pour les dentistes et les hygiénistes dentaires en est un exemple (voir p. 15). Dans mon rôle de président, je constate à quel point l’ADC représente la profession avec clarté et assurance, alors que les décisions fédérales façonnent de plus en plus l’avenir des soins buccodentaires au pays. Mot du président Dr Bruce Ward president@cda-adc.ca Numéro 1 | 2026| L’ADC sur le terrain 7

(De gauche à droite) Dre Anastasia Kelekis-Cholakis, le député Dan Mazier, Dr Bruce Ward. Dans l’antre des Journées sur la Colline Deux jours. Près de 30 rencontres. Un message : les politiques en matière de santé buccodentaire fonctionnent seulement si elles répondent aux besoins des patients, des fournisseurs de soins et des futurs dentistes. Les Journées sur la Colline, campagne menée tous les ans par l’ADC, servent à porter les grands dossiers de la profession dentaire à l’attention des décideurs fédéraux. Durant deux jours en novembre 2025, le conseil d’administration de l’ADC, des dentistes bénévoles, des responsables de l’éducation et le personnel de l’ADC ont rencontré des parlementaires pour aborder une courte liste de priorités touchant les patients et la profession dentaire de tout le pays. Cette année, la délégation de l’ADC comptait aussi les doyens de deux facultés de médecine dentaire et un dentiste ayant obtenu son diplôme en 2025. Les discussions, menées lors de près de 30 rencontres, étaient ciblées et pratiques : que se passe-t-il, pourquoi est-ce important dans des circonscriptions précises et que peut faire le gouvernement fédéral? Durant ces deux journées, il y avait aussi un kiosque de l’ADC, parrainé par le député Dan Mazier, sur la Colline du Parlement où les députés et leur équipe pouvaient s’arrêter pour discuter sur place. L’ADC avait l’honneur de partager ce kiosque avec le Corps dentaire royal canadien (CDRC) qui a mis en avant ses principaux engagement opérationels et le lien étroit entre la santé buccodentaire et la santé physique, soulignant en quoi les soins dentaires soutiennent le bien-être et la défense nationale du Canada. Les Journées sur la Colline portent sur les politiques, mais elles servent aussi à tisser des liens – pour veiller à ce que la santé buccodentaire demeure une priorité fédérale. L’ADC est un partenaire fiable du gouvernement fédéral qui contribue à éclairer les politiques ayant une incidence sur la santé buccodentaire. «C’est le moment de l’année où notre comité de défense des intérêts publics, y compris six des membres de notre conseil d’administration, se retrouve à Ottawa pour échanger en personne avec des députés, explique le Dr Bruce Ward, président de l’ADC. On organise des rencontres avec de hauts fonctionnaires et des députés de partout au pays et on se concentre sur deux ou trois sujets, pour éviter de les submerger.» (De gauche à droite) Dr Marc Mollot, Dr Aaron Burry, Dr Bruce Ward, Dr Walter Siqueira, Dre Anastasia Kelekis-Cholakis, Dr Stuart MacDonald, Adjum Martine Leboeuf, Col Geneviève Bussière. 8 | 2026 | Numéro 1

(De gauche à droite) Dr Bruce Ward, Dr Aaron Burry, Lucas Veiga, Duncan Barter, Clarissa Schurter, Mishail Bhatia. Cette année, ces sujets ont été façonnés par un paysage politique fédéral qui compte de nombreux nouveaux visages au cabinet. Étant donné la vague de nouveaux élus sur la Colline, l’ADC a aussi plaidé en faveur de solutions politiques et a diffusé de l’information sur la santé buccodentaire. «Le Régime canadien de soins dentaires (RCSD) est nouveau, et bien des députés n’en connaissent pas le fonctionnement – qui est admissible à ce programme, quelles en sont les règles? Cette année, nous avons en bonne partie renseigné les élus et leur avons donné de l’information qu’ils peuvent transmettre à leurs électeurs et électrices, » dit le Dr Ward. La communauté dentaire dans son ensemble «Le kiosque dans l’un des principaux édifices de la Colline du Parlement cherchait à attirer l’attention et à susciter la discussion, précise le Dr Ward. Il a été conçu pour faire ce qu’une réunion formelle ne peut pas : lancer des échanges informels au bond avec les députés et leur personnel qui passent en vaquant à leurs affaires. » Installé dans un coin passant, le kiosque a donné à l’ADC une présence bien visible qui permettait aux gens de poser des questions et d’échanger des idées, parfois pour faire suite à une rencontre, parfois pour faire connaissance. «C’était bien de partager le kiosque avec le CDRC», reconnaît le Dr Kirk Preston, président élu de l’ADC. «Nous avons eu l’honneur de rencontrer la dentiste en chef des Forces armées canadiennes, la colonelle Geneviève Bussière, ainsi que trois autres membres du corps, la major Monique Merino et le major Aaron Jolivet, tous deux dentistes militaires, et l’adjudante maître Martine Leboeuf, technicienne dentaire. Leur présence aux côtés de l’ADC a donné une portée et une crédibilité accrues aux conversations, permettant de dépasser une discussion centrée uniquement sur la profession dentaire et inscrivant la santé buccodentaire dans une perspective plus large, comme enjeu national lié à la préparation opérationnelle et au bien-être de celles et ceux qui servent le pays. Cette collaboration a aussi renforcé le message selon lequel la médecine dentaire s’inscrit pleinement dans une mission de service public.» La Dre Lesli Hapak, représentante de l’Ontario au conseil d’administration de l’ADC, estime que le kiosque était un bon moyen d’aller au-devant des parlementaires. «J’ai aimé la flexibilité qu’il offrait, avoue-t-elle. Cette année, nous avons fait ressortir la pénurie de personnel en santé dentaire et ses incidences variées dans différentes parties du pays.» Forte de son expérience au comité d’action politique de l’Association dentaire de l’Ontario, la Dre Hapak revient sur la portée des Journées sur la Colline. «À ma première année, ça me semblait tellement gros, confie-t-elle. Sur la Colline, on aborde des préoccupations qui touchent toute personne au Canada, pas seulement la population d’une province ou d’un territoire.» Les rencontres Durant les rencontres dans les bureaux des députés, le Dr Preston a relevé presque tout de suite une tendance. «Il y avait essentiellement deux groupes de députés : ceux qui connaissent le RCSD et ceux qui en savent encore peu de choses. Selon à qui l’on s’adresse, la teneur de la discussion sera complètement différente.» Avec bien des nouveaux députés, dit-il, le contexte change. «Notre rôle était plus de nature éducative. On ne va pas commencer par le détail de changements pour améliorer le programme. On va plutôt s’assurer qu’ils en comprennent les bases. C’est important parce que des bénéficiaires du RCSD pourraient s’adresser à leur député pour leur poser des questions ou avoir de l’information. En général, les députés étaient très ouverts.» La délégation de l’ADC a clarifié que le RCSD ne signifie pas que les soins dentaires sont gratuits. «On a expliqué que bien des patients croient que tous les frais sont couverts. Quand ils découvrent que ce n’est pas le cas, ils sont mécontents. Et ils expriment leur mécontentement à leur dentiste, souligne le Dr Ward. Mais le dentiste n’y peut rien. C’est la façon dont le programme a été bâti.» Pour l’ADC, il faut corriger cette idée fausse pour protéger la confiance entre les patients et les fournisseurs de soins, et pour aider les députés à comprendre pourquoi leur bureau de comté reçoit peut-être des plaintes au sujet d’un programme encore mal compris de bien des gens. Sur la Colline, on aborde des préoccupations qui touchent toute personne au Canada, pas seulement la population d’une province ou d’un territoire. 9 Numéro 1 | 2026 |

(De gauche à droite) Dre Lesli Hapak, Dr Jason Noel, la députée Maggie Chi, Dr Bryan Kwak, Irem Turken. Pour la première fois, la délégation aux Journées sur la Colline a compris des doyens d’une faculté de médecine dentaire et un nouveau diplômé, le Dr Bryan Kwak, qui a pu témoigner des réalités de la formation en médecine dentaire. Pénurie de ressources humaines «La pénurie de ressources humaines était l’un de nos principaux points à aborder cette année, confirme le Dr Preston. Et la situation n’est pas propre au secteur dentaire. Elle touche tous les domaines, même les corps de métier, la restauration, partout. Il y a une pénurie importante de travailleurs dans tout le pays, et le secteur dentaire ne fait pas exception.» La délégation de l’ADC a expliqué que cette pénurie touche des postes qui permettent à un cabinet de fonctionner au quotidien. «Environ 50 % des cabinets du pays déclarent avoir des postes vacants, surtout en assistance dentaire», indique le Dr Ward. Il a précisé aux députés que le problème n’est pas lié au recrutement – il se situe plutôt au niveau de la formation et de l’enseignement. L’ADC a demandé au gouvernement d’inclure les assistants et assistantes dentaires agréés dans le programme de permis de travail postdiplôme et d’envisager des moyens tels que la remise de dette étudiante pour renforcer le bassin de travailleurs là où il en manque le plus. «Nous avons aussi dit aux députés qu’il y a assez de dentistes au Canada pour s’occuper de la population, assure le Dr Ward. Mais il y a un problème de répartition. Il y a des concentrations dans les grands centres, tandis que les régions ont des problèmes d’accès. Ce serait génial de trouver un moyen d’inciter les dentistes à s’installer dans les régions mal desservies.» Une remise de dette liée au service a aussi été suggérée comme solution pour les dentistes. À la fin de décembre 2025, le gouvernement fédéral a rendu les dentistes, les hygiénistes dentaires et d’autres professionnels admissibles à une exonération de remboursement de prêts d’études canadien s’ils travaillent dans des régions rurales ou éloignées mal desservies. «C’est une victoire importante pour la santé buccodentaire au Canada», juge le Dr Ward. Conséquences inattendues du RCSD sur la formation dentaire Pour la première fois, la délégation aux Journées sur la Colline a compris des doyens d’une faculté de médecine dentaire et un nouveau diplômé, le Dr Bryan Kwak, qui a pu témoigner des réalités de la formation en médecine dentaire. «Le RCSD a été mis en œuvre au moment où mes camarades et moi entrions dans la partie clinique de notre formation en troisième année, justement à l’étape où il est essentiel d’acquérir une expérience pratique, raconte le Dr Kwak. La diminution du volume de patients, les longs délais de préautorisation et les refus fréquents, tous attribuables au RCSD, ont compliqué les efforts pour respecter les exigences de formation clinique et pour obtenir le diplôme en étant prêts à exercer.» À ses côtés, les Drs Walter Siqueira, doyen du Collège de médecine dentaire de l’Université de la Saskatchewan, et Anastasia Kelekis-Cholakis, doyenne du Collège de médecine dentaire Dr.-Gerald-Niznick de l’Université du Manitoba, ont expliqué les conséquences imprévues pour la formation dentaire : moins de patients choisissent les cliniques universitaires depuis qu’ils peuvent obtenir des soins ailleurs, et le processus de préautorisation peut faire en sorte que les étudiants n’arrivent pas à faire les interventions nécessaires pour terminer leur formation. «Les activités des Journées sur la Colline de cette année ont notamment permis de nouer des rapports avec les doyens, constate le Dr Preston. Ils ont leurs propres séries d’enjeux – financement, RCSD, processus de préautorisation. Nous en avons beaucoup appris de leur point de vue du paysage de la santé buccodentaire.» Pour le Dr Kwak, le message le plus pressant à transmettre sur la Colline du Parlement commençait par quelque chose de base : la paperasserie. «Il fallait envoyer les demandes de préautorisation au RCSD par la poste et attendre longtemps avant d’avoir une réponse.» Dans les facultés de médecine dentaire, a-t-il expliqué, les plans de traitement sont établis en début d’année autour d’interventions comme l’installation de couronnes, de prothèses partielles ou de prothèses complètes, ce que doit autoriser le RCSD avant que les étudiants puissent commencer. «Seulement 20 % des demandes que nous avons envoyées ont été acceptées, déplore-t-il. Le temps d’apprendre 10 L’ADC sur le terrain | 2026 | Numéro 1

(De gauche à droite) Dr Walter Siqueira, le député Corey Tochor, Dr Kirk Preston. (De gauche à droite) Dr Stuart MacDonald, le député Peter Fragiskatos, Dr Marc Mollot, Mishail Bhatia. que la demande était rejetée, le patient avait abandonné et il était trop tard.» Cette lenteur, a insisté le Dr Kwak auprès des députés, a une incidence directe sur la capacité des étudiants à devenir des cliniciens compétents. «C’est en troisième et en quatrième années que nous effectuons réellement les interventions. Les quatre années de médecine dentaire servent à nous préparer directement à la pratique privée, sans faire de résidence comme les médecins.» Mais avec moins de patients qui se présentent aux cliniques universitaires et les refus des demandes de préautorisation, les étudiants peuvent avoir de la difficulté à répondre aux exigences de leur formation clinique. «J’ai vu mes camarades craindre de ne pas pouvoir terminer leur formation à temps à cause des retards et des refus.» Il a formulé une demande précise aux députés : «J’espère que le gouvernement fédéral trouvera une solution particulière pour les facultés de médecine dentaire afin que nous puissions finir nos études à temps et avec les compétences dont nous avons besoin.» Le Dr Kwak a trouvé que sa participation à la délégation a été une expérience enrichissante. « Je ne m’attendais pas à avoir l’honneur de représenter les étudiants en médecine dentaire du pays, avoue-t-il. Mais je suis heureux d’avoir parlé en leur nom pour faire comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés. » Consolider les relations «L’un des principaux objectifs des Journées sur la Colline consiste à nouer et à entretenir des liens avec les élus à Ottawa, peu importe leur parti politique, précise le Dr Ward. Des gens avec qui nous avions discuté l’an dernier passaient au kiosque. Nous renouions notre relation et reprenions nos échanges là où nous en étions avec eux.» Pour le Dr Preston, cet événement est la meilleure occasion de rencontrer des députés et des décideurs politiques en personne. «Les discussions ont de l’importance parce qu’elles permettent de bâtir la confiance au fil du temps, de positionner l’ADC comme étant un porte-parole digne de respect et de confiance vers qui les élus peuvent se tourner quand surgiront les prochaines questions sur la santé buccodentaire.» Avec tous les groupes qui se disputent l’attention des élus sur la Colline, la Dre Hapak rappelle que les efforts déployés entre les événements annuels comptent aussi. « Les Journées sur la Colline sont un moyen efficace de faire valoir les intérêts de la profession. On nous écoute et on peut nouer de nombreuses nouvelles relations. En dehors des Journées sur la Colline, l’ADC intervient continuellement dans les questions qui touchent les programmes nationaux comme le RCSD et encourage des politiques qui améliorent la santé buccodentaire et l’accès aux soins. » Pour le Dr Kwak, l’expérience a été une découverte. «Je ne me voyais pas comme une personne capable de défendre des intérêts, mais je suis agréablement surpris de constater que cela me plaît. À l’avenir, j’aimerais m’y consacrer davantage et contribuer à la profession.» 11 Numéro 1 | 2026 |

Tendance 46 % des répondants à l’enquête évaluent positivement le système de soins dentaires du Canada. 65 % déclarent avoir un dentiste attitré. 58 % déclarent se rendre régulièrement chez le dentiste. 50 % déclarent avoir pris rendez-vous chez le dentiste dans les 3 à 6 prochains mois. 46 % 58 % 65 % 50 % Que pense l’opinion publique de la santé buccodentaire? Dans les dernières années, les discussions sur les possibilités d’améliorer l’accès aux soins ont évolué pour porter plutôt sur l’efficacité concrète des nouvelles approches. En octobre 2025, l’ADC et Abacus Data ont sondé plus de 3500 Canadiens et Canadiennes de 18 ans et plus afin de tracer le portrait du paysage en évolution des soins buccodentaires. Les résultats indiquent que la santé buccodentaire de la population s’améliore, que les patients sont satisfaits du Régime canadien de soins dentaires (RCSD), et que les dentistes continuent de faire partie des professionnels de la santé suscitant la plus grande confiance au pays. Toutefois, les données montrent aussi clairement qu’un changement à l’échelle d’un système se fait rarement sans heurts. Même si les échos sont globalement positifs, les idées fausses des patients au sujet de la couverture du RCSD et les difficultés persistantes liées à la préautorisation continuent de façonner l’expérience des cabinets par rapport au RCSD partout au pays. 12 | 2026 | Numéro 1

Régime canadien de soins dentaires (RCSD) 76 % des répondants au sondage qui sont des patients/utilisateurs du RCSD évaluent leur expérience du programme de manière positive. 78 % af rment que le RCSD répond à leurs besoins en matière de soins dentaires. 90 % croient que le RCSD aura une incidence signi cative sur l’ensemble du système dentaire canadien. 85 % continuent de consulter leur dentiste actuel, car celui-ci participe au RCSD. 76 % 90 % 78 % 85 % Les retards dans les autorisations préalables, la complexité administrative et le temps consacré à expliquer les règles de couverture du RCSD apparaissent comme les principaux défis opérationnels. La santé buccodentaire est en bonne voie Le sondage d’octobre 2025 fait notamment ressortir que la santé buccodentaire et les perceptions entourant celle-ci s’améliorent. Près de la moitié des personnes interrogées (46 %) évaluent de façon positive le système de soins dentaires au pays. Et les perceptions de la qualité se sont améliorées d’une année à l’autre. La proportion de répondants déclarant ne pas avoir de craintes à aller chez le dentiste est élevée, et le pourcentage de personnes qui ont un dentiste attitré (65 %) est à la hausse. vous chez le dentiste dans les 3 à 6 prochains mois, et seuls 15 % disent qu’ils reporteront les soins sauf en cas d’absolue nécessité. RCSD : Satisfaction élevée des patients et avantages signalés pour la santé Du point de vue des patients, le RCSD fonctionne bien. Environ 34 % des Canadiens déclarent avoir fait une demande d’inscription au RCSD, et 33 % signalent s’y être inscrits. Chez les personnes qui ont bénéficié du programme, la satisfaction est élevée. Plus des trois quarts d’entre elles (76 %) évaluent leur expérience comme étant positive, et leur satisfaction est encore plus grande quand elle est comparée directement à l’expérience de la population générale. Environ le même pourcentage de bénéficiaires (78 %) déclarent que le programme répond à leurs besoins dentaires, et près de 90 % sont d’avis que le RCSD aura une incidence importante sur le système de soins dentaires canadien dans son ensemble. Bien des bénéficiaires font état d’une amélioration tangible de leur santé buccodentaire depuis leur inscription au programme. La plupart des soins qui ont été couverts par le RCSD sont de nature préventive ou courante (ex. : examens, nettoyages, radiographies et obturations), ce qui correspond aux services le plus étroitement associés à une amélioration des résultats de santé au fil du temps. Par ailleurs, la continuité des soins a pu être largement maintenue. La grande majorité des bénéficiaires du RCSD (85 %) déclarent avoir pu continuer à voir leur dentiste actuel parce que celui-ci avait adhéré au programme, ce qui fait ressortir l’importance de la participation à celui-ci pour maintenir des relations de confiance entre patients et fournisseurs de soins. La consultation régulière d’un dentiste est étroitement associée aux soins préventifs, aux interventions précoces et à l’amélioration des résultats de santé buccodentaire à long terme. Quelque 58 % des répondants déclarent voir régulièrement leur dentiste, et le sondage montre que le niveau de satisfaction est élevé par rapport aux rendez-vous récents chez le dentiste. Ensemble, ces tendances suggèrent que les obstacles à l’obtention de soins s’atténuent pour bon nombre, malgré des difficultés générales d’abordabilité. L’intention d’obtenir des soins dentaires demeure forte. La moitié des répondants (50 %) déclarent avoir déjà un rendez13 L’ADC sur le terrain Numéro 1 | 2026 |

Selon le sondage d’opinion publique récemment mené par l’ADC/Abacus Data et les remontées d’informations des équipes dentaires de tout le Canada, plusieurs idées fausses persistent au sujet du RCSD : z Mythe : Avec le RCSD, les soins dentaires sont gratuits. Fait : Les patients peuvent avoir une quote-part à payer ou des frais additionnels. Le RCSD ne couvre habituellement pas la totalité des honoraires du dentiste. z Mythe : Tous les services dentaires sont couverts par le RCSD. Fait : Le RCSD ne couvre pas tous les soins, et certaines interventions complexes nécessitent une préautorisation. z Mythe : Les dentistes décident des soins qui sont couverts. Fait : Quand des demandes adressées au RCSD sont retardées ou ne sont pas acceptées dans leur entièreté, il faut savoir que ces décisions ne sont pas du ressort du cabinet. Des explications claires et en amont peuvent aider à recadrer les attentes avant l’amorce d’un traitement et réduire ainsi le mécontentement chez les patients et les équipes dentaires. Quelques défis persistants : les attentes et la préautorisation Malgré une satisfaction générale élevée, le sondage met en lumière certains défis qui persistent, notamment le manque de compréhension du programme chez la patientèle et les difficultés administratives. L’un des principaux défis porte sur les idées fausses entretenues au sujet de la couverture. Les données du sondage montrent que bien des bénéficiaires du RCSD pensaient initialement que les soins dentaires seraient entièrement couverts par le programme, comme pour les soins médicaux. Pour certains, le premier rendezvous a comporté des frais inattendus à payer ou leur a fait prendre conscience que certains services étaient seulement couverts en partie par le RCSD. En moyenne, les bénéficiaires qui ont dû payer une somme de leur poche à leur dernier rendez-vous chez le dentiste déclarent avoir déboursé tout juste plus de 70 $. Même si bon nombre de patients n’ont pas d’objection à payer la différence entre le taux couvert par le RCSD et les honoraires habituels du dentiste, environ un patient sur quatre dit avoir demandé de ne pas être facturé pour cet écart. L’autre défi qui perdure est celui de la préautorisation. Bien que Santé Canada affirme maintenant que la plupart des décisions de préautorisation sont communiquées en une semaine environ, une petite partie des patients signalent des délais plus longs, ce qui crée de l’incertitude chez les patients et les équipes dentaires. Dans une certaine mesure, les règles de couverture influencent les comportements : environ la moitié des bénéficiaires du RCSD disent suivre les recommandations de leur dentiste, tandis qu’une petite minorité déclare avoir modifié la fréquence de ses visites chez le dentiste en raison des paramètres du programme. Ces résultats concordent avec une recherche par sondage mené par l’ADC auprès des dentistes selon laquelle les retards d’autorisation, la complexité administrative et l’accroissement du temps passé à expliquer les règles de couverture du RCSD viennent constamment au premier rang des défis liés au fonctionnement du cabinet. Miser sur ce qui fonctionne Globalement, le sondage d’octobre 2025 montre une amélioration importante du portrait de la santé buccodentaire au Canada. La population canadienne obtient plus régulièrement des soins dentaires, les résultats en matière de santé buccodentaire s’améliorent, et les bénéficiaires du RCSD font état d’un fort degré de satisfaction et perçoivent des bienfaits pour leur santé. Parallèlement, les résultats font clairement émerger des possibilités d’amélioration concrète du programme, surtout pour faire mieux connaître le RCSD auprès de la population et pour en simplifier les démarches administratives. Avec des améliorations et une collaboration continues, les bases sont en place pour faire fructifier les premiers succès et améliorer encore davantage la santé buccodentaire de la population. Manque de compréhension des patients au sujet du RCSD Le sondage a été mené auprès de 3 501 Canadiens et Canadiennes âgés de 18 ans et plus entre le 3 et le 26 octobre 2025. La marge d’erreur pour un échantillon aléatoire comparable basé sur la probabilité et de même taille est de +/- 1,65 %, 19 fois sur 20. 14 L’ADC sur le terrain | 2026 | Numéro 1

Le gouvernement fédéral a annoncé que les dentistes et les hygiénistes dentaires sont admissibles au Programme d’exonération de remboursement de prêts d’études canadien depuis le 31 décembre 2025. Les dentistes et hygiénistes qui travaillent dans les collectivités admissibles peuvent maintenant soumettre une demande d’exonération de remboursement de la partie impayée de leur prêt d’études fédéral, jusqu’à un certain plafond. Par exemple, sur un maximum de cinq ans, les dentistes admissibles pourraient recevoir jusqu’à 60 000 $. Cette initiative a pour objet de réduire le fardeau financier d’une dette étudiante tout en incitant les dentistes et hygiénistes à exercer dans des collectivités où les services de soins buccodentaires sont limités. Aux fins de ce programme, une collectivité admissible s’entend d’une région rurale, ou d’un centre où la population ne dépasse pas 30 000 personnes. Programme d’exonération de remboursement de prêts d’études canadien L’élargissement du programme est le fruit des actions de sensibilisation menées par l’ADC et les associations dentaires provinciales et territoriales. Ces efforts rappellent depuis longtemps le besoin de soutenir les professionnels de la santé exerçant dans des collectivités rurales et éloignées. Pour tout savoir sur ce programme et pour en connaître les critères d’admissibilité : bit.ly/45IPmFJ Santé Canada procède à des examens continus de l’admissibilité des personnes couvertes par le Régime canadien de soins dentaires (RCSD) afin de s’assurer qu’elles répondent toujours aux critères d’admissibilité, et en particulier qu’elles n’ont pas accès à un autre régime d’assurance dentaire. Bien des patients couverts par le RCSD auront reçu une lettre à ce sujet en décembre 2025 ou janvier 2026. Cette lettre précise ce qui a été relevé lors de l’examen et ce qu’il faut faire. Les patients qui seront jugés inadmissibles ou qui seront incapables de montrer leur admissibilité pourraient perdre leur couverture et devoir rembourser tous les montants reçus alors qu’ils n’étaient pas admissibles. Il est important de souligner qu’aucun remboursement ne sera exigé des fournisseurs de soins dentaires. Les dentistes pourraient devoir répondre à davantage de questions de la part des patients en raison du processus d’examen en cours. Il est conseillé de vérifier l’admissibilité d’un patient avant chaque rendez-vous par l’intermédiaire du système d’échange de données informatisé ou le portail de Sun Life, à sunnet.sunlife. com/signin/provider/e/home.wca?. Processus d’examen de l’admissibilité des personnes couvertes par le RCSD Santé Canada a préparé un feuillet pour aider les dentistes à répondre aux questions des patients à ce sujet. Voir : bit.ly/3Z9YkrR EN BREF 15 Numéro 1 | 2026 |

Santé Canada a apporté des changements au Guide des prestations dentaires du Régime canadien de soins dentaires (RCSD) en décembre 2025. Certains de ces changements découlent des actions de sensibilisation continues menées par l’ADC et les associations dentaires provinciales et territoriales auprès de Santé Canada pour que les exigences de la démarche de préautorisation soient clarifiées et simplifiées. • Détartrage : Les fournisseurs de soins buccodentaires n’auront plus à soumettre un plan de traitement ni de radiographies pour les unités supplémentaires de détartrage. • Couronnes : Dans certains cas, le PSR (Periodontal Scaling Record) sera accepté pour les demandes de préautorisation relatives aux couronnes s’il n’y a pas de charte parodontale complète. Cependant, selon le score PSR, il pourrait falloir soumettre une charte complète. • Les limites de fréquence pour les examens et les restaurations ne tiendront plus compte du fournisseur ou du cabinet qui effectue l’intervention. • Les nouvelles prothèses dentaires ne seront pas admissibles à la couverture dans les 24 mois suivant le regarnissage ou le rebasage d’une prothèse existante. Mises à jour concernant le Guide des prestations dentaires du RCSD • Sédation : Il ne sera plus nécessaire de fournir des radiographies seulement pour demander des services de sédation (sauf dans les cas où des radiographies font partie de la documentation requise pour la procédure associée à la sédation). • Services endodontiques : Les demandes de préautorisation pour des services endodontiques devront inclure une justification du traitement ou du code particulier, ainsi que la description de tout motif médical pertinent appuyant le choix du traitement endodontique plutôt qu’une autre option. De plus, le PSR sera accepté pour les demandes de préautorisation relatives aux services endodontiques s’il n’y a pas de charte parodontale complète. Cependant, selon le score PSR, il pourrait falloir soumettre une charte complète. Les dentistes peuvent consulter la liste complète des mises à jour à : bit.ly/3OkwIOg En novembre 2025, l’ADC a mis la touche finale à une nouvelle ressource que les associations dentaires provinciales et territoriales pourront utiliser pour éclairer et orienter les discussions sur le maintien des activités en cas de crise et la façon de réagir adéquatement. La ressource, Preparedness for Dental Associations , s’attarde aux sujets suivants : • maintenir les activités de l’association • aider les membres de l’association • établir des collaborations • évaluer les répercussions. L’ADC partagera cette ressource avec d’autres associations nationales, dont l’Association canadienne des hygiénistes dentaires et l’Association canadienne des assistant(e)s dentaires. L’ADC a actualisé l’image de marque du cours L’esprit au travail : Santé mentale et bien-être pour les professionnels des soins buccodentaire. Lancé en octobre 2023, ce cours a été conçu en collaboration avec la Commission de la santé mentale du Canada. La formation continue à aider les professionnels des soins dentaires à faire de leur santé mentale une priorité, tout en continuant d’offrir des soins exceptionnels aux patients. Proposés en présentiel et en ligne, les modules du cours sont adaptés aux équipes dentaires et aux gestionnaires. Le matériel promotionnel revampé et l’information sur les possibilités de parrainage se trouvent dans sur la page des discussions CDA Oasis : https://oasisdiscussions.ca/ the-working-mind/. Ressource sur la préparation aux situations de crise Actualisation du cours sur la santé mentale 16 | 2026 | Numéro 1

Programme des SSNA et le pouvoir des soins empreints de compassion Quand le Dr Scott Leckie songe à ses décennies de pratique à Winnipeg, il y voit un grand thème : le service. « J’ai toujours eu un sens aigu du contrat social inhérent à notre profession et de l’importance d’aider les gens, confie-t-il. La santé buccodentaire fait partie de la santé globale, et j’ai toujours voulu aider les communautés négligées ici, au Manitoba. Je crois sincèrement que tout le monde mérite des soins de la même qualité. » Pour le Dr Leckie, la participation au Programme des services de santé non assurés (SSNA) est à la fois un engagement professionnel et une mission personnelle. « C’est une question d’équité, insiste-t-il. Dans le cas des patients couverts par le Programme des SSNA, l’accès aux soins peut présenter des défis ou obstacles différents au départ, mais je me suis toujours efforcé de lever le plus possible ces obstacles. » Un programme transformé Les dentistes qui exercent au Canada depuis un certain temps savent que le Programme des SSNA avait la réputation d’imposer un lourd fardeau administratif et d’être lent à répondre. Le Dr Leckie s’en souvient très bien, mais il note combien les choses se sont améliorées depuis. «Pour dire vrai, quand j’ai commencé à exercer, le programme était assez lourd, admet-il. Mais aujourd’hui, le nouveau portail rend le fonctionnement beaucoup plus facile et pratique. Il est possible d’y vérifier en temps réel l’admissibilité d’un patient et la prochaine date à laquelle il pourra recevoir un traitement. Cela facilite tellement le processus.» Le nouveau portail permet maintenant aux dentistes de s’occuper des demandes d’indemnisation, de confirmer la couverture et d’organiser la planification des rendez-vous sans qu’il y ait de goulot administratif. Élimination des obstacles, élargissement des soins L’une des grandes améliorations du programme comprend le retrait du plafond de frais pour les travaux de restauration et l’élimination de la prédétermination pour certains traitements, tels que les services d’endodontie et les pivots préfabriqués. «Il s’agit de traitements qui se passent tous les jours en cabinet, précise le Dr Leckie. Et ces améliorations contribuent à élargir les soins que nous pouvons offrir aux personnes admissibles au Programme de SSNA.» L’une des grandes améliorations du programme comprend le retrait du plafond de frais pour les travaux de restauration et l’élimination de la prédétermination pour certains traitements dentaires. Dr Scott Leckie 17 Numéro 1 | 2026 |

Ces changements ont des avantages concrets, comme une réduction des délais, un soulagement rapide de la douleur, et une confiance restaurée pour les patients qui autrement attendraient des mois avant une approbation. L’accès, une question de dignité Dans les régions rurales et nordiques du Manitoba, l’accès à des soins dentaires peut poser des difficultés du point de vue géographique et économique. Le Programme des SSNA couvre les services de prévention, de restauration, de prosthodontie et d’endodontie, une aide qui permet aux patients d’obtenir des soins quand ils en ont le plus besoin. «Ce programme est utile parce qu’il couvre une série de traitements, indique le Dr Leckie. Grâce au financement de ces traitements par le gouvernement fédéral, ce programme fait en sorte que davantage de patients peuvent voir un dentiste. » L’accès n’est pas qu’une affaire de logistique. C’est une question de dignité, de capacité à sourire, à manger sans difficulté, à participer à la vie communautaire avec assurance. «J’ai vu de jeunes adultes se présenter dans ma salle de traitement avec d’importantes caries, raconte-t-il. Après leurs traitements, leur estime de soi s’était visiblement améliorée. » Le Dr Leckie se souvient très bien d’un patient : un garçon de 4 ans qui ne voulait rien savoir du fauteuil dentaire. «En usant de persuasion, nous l’avons convaincu de s’asseoir, se rappelle-t-il. Nous avons échelonné son traitement sur quelques mois pour ne pas trop l’accabler.» Quand le garçon est revenu plus tard avec son jeune frère, la situation avait changé. L’enfant qui était craintif s’est fièrement assis à côté du fauteuil pour tenir la main de son petit frère. «J’ai une belle photo de ce moment sur mon mur et elle me rappelle qu’on peut changer le cours des choses», se réjouit le Dr Leckie. Dissiper les mythes Malgré l’évolution du Programme des SSNA, des idées fausses continuent de circuler chez certains dentistes. «Le plus grand mythe a trait au fait que le programme impose une lourde paperasserie, mais elle a considérablement diminué au cours de mes années de pratique», promet le Dr Leckie. Bien des traitements qui nécessitaient une prédétermination auparavant (au titre de la Nomenclature B) ont été déplacés sous la nomenclature A, ce qui fait qu’ils peuvent être administrés sans délai administratif. Ces malentendus ont des conséquences concrètes. «Des dentistes se font une fausse idée du fonctionnement du programme, et des patients aussi n’en comprennent pas toujours bien les avantages pour eux, déplore-t-il. En expliquant clairement le fonctionnement du programme et les améliorations apportées, nous pouvons le rendre plus efficace et convaincre davantage de dentistes d’y participer. » Le Dr Leckie établit des parallèles entre le Programme des SSNA et le Régime canadien de soins dentaires. Bien que les critères d’admissibilité soient différents, les deux programmes partagent une même philosophie, soit celle de réduire les inégalités dans l’accès aux soins buccodentaires. L’équité en matière de santé buccodentaire passe non seulement par des politiques publiques, mais aussi par des praticiens qui passent à l’action et qui prennent en charge des patients couverts par des programmes comme les SSNA. Rôle du dentiste en faveur de l’équité L’équité en matière de santé buccodentaire ne passe pas seulement par des politiques publiques. Il faut compter sur des praticiens, des dentistes qui passent à l’action et qui prennent en charge des patients couverts par des programmes comme les SSNA. Le Dr Leckie est d’avis qu’il s’agit d’une question à la fois éthique et pratique. «Nous devons considérer le fait que les communautés des Premières Nations et des Inuits connaissent l’une des plus fortes croissances au Canada à l’heure actuelle, rappelle-t-il. «L’exercice de la médecine dentaire, dans l’idéal, a pour but d’améliorer la santé et de restaurer la dignité. C’est ce que nous permet de faire le Programme des SSNA.» Comprendre les inégalités touchant les Autochtones Les disparités en matière de santé buccodentaire auxquelles sont confrontés les Premières Nations et les Inuits ont été largement documentées. Ces populations ont des taux supérieurs de caries de la petite enfance, de lésions carieuses non traitées et de soins préventifs limités par rapport aux allochtones. L’isolement géographique aggrave ces défis, car les patients doivent souvent parcourir des centaines de kilomètres pour obtenir des soins. Des programmes comme les SSNA servent de lien essentiel, mais ils fonctionnent seulement si des professionnels répondent à l’appel. Encourager davantage de dentistes, surtout ceux en début de carrière, à voir des patients couverts par le Programme des SSNA pourrait contribuer à normaliser les soins inclusifs au sein de la profession dentaire dans son ensemble. «Nous devons mieux expliquer ce programme à nos dentistes pour les inciter à y participer, souhaite le Dr Leckie. Il faut en reparler aux jeunes dentistes.» 18 | 2026 | Numéro 1 L’observatoire

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